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Poser une fenêtre en applique : quand cette pose s’impose, les tolérances du support, et l’ordre du chantier

Rénovation·Temps de lecture : 3 min

Poser une fenêtre en applique : quand cette pose s'impose, les tolérances du support, et l'ordre du chantier

En bref

Poser des fenêtres en applique, c’est fixer leur dormant, le cadre fixe, contre la face intérieure du mur, pour que l’isolation intérieure vienne s’y raccorder : sans doublage isolant, cette pose perd son intérêt. Support plan à 10 mm près, équerres tous les 80 cm au plus, fenêtre d’aplomb à 2 mm par mètre : sinon, l’air passe.

Le principe et le chantier qui va avec, le support à contrôler avant de commencer, la pose dans l’ordre, l’étanchéité, puis le contrôle avant de refermer le doublage.

Sommaire
  1. Applique, tunnel, rénovation : trois poses pour trois chantiers
  2. Le support d’abord : ce qui fait refuser une ouverture
  3. Poser dans l’ordre
  4. L’étanchéité, là où la pose se joue
  5. Le contrôle avant de refermer le doublage
  6. Avant de commander

Applique, tunnel, rénovation : trois poses pour trois chantiers

La même fenêtre peut se poser de trois façons, et c’est le mur qui choisit.

PoseOù se fixe le dormantLe chantier qui va avec
En appliqueContre la face intérieure du mur, dans l’ouvertureIsolation des murs par l’intérieur, neuf ou rénovation lourde
En tunnelDans l’épaisseur du mur, entre les tableauxMur sans doublage, ou isolation par l’extérieur
En rénovationSur l’ancien dormant conservéRemplacement rapide, sans toucher aux maçonneries

L’applique a une logique : le doublage isolant vient buter contre le dormant, et l’isolation reste continue jusqu’à la vitre. Posée en applique dans un mur qui ne sera pas doublé, la fenêtre laisse son pourtour sans raccord, et l’intérêt disparaît.

Vous isolez les murs par l’intérieur en même temps ? Si la réponse est non, la question de l’applique ne se pose pas.

Le support d’abord : ce qui fait refuser une ouverture

Une fenêtre en applique vient s’écraser contre un joint mousse posé sur le mur. Si le mur n’est pas plan, le joint ne se comprime pas partout, et l’air passe. D’où des tolérances précises, rappelées par le film de formation de l’Union des métalliers :

  • un dressage du plan de pose sur 100 mm autour de l’ouverture, fait par le maçon ;
  • une planéité générale de 10 mm au plus sur toute la hauteur et la largeur, et de 3 mm sous une règle de 20 cm ;
  • un faux niveau en appui de 3 mm par mètre au plus, 10 mm au total ;
  • un faux aplomb de 10 mm au plus sur la hauteur ;
  • une largeur de tableau à 10 mm près de celle de la fenêtre.
Important

Hors de ces tolérances, le support ne s’accepte pas : on le fait reprendre avant de poser. Poser quand même, c’est acheter une fenêtre performante et la monter sur une fuite d’air.

Exemple construit : une ouverture de 1,00 m de large tolère 3 mm de faux niveau à l’appui. Une fenêtre de 1,20 m de haut, une fois posée, tolère 2,4 mm hors d’aplomb.

Poser dans l’ordre

  1. Vérifier les outils, la température d’emploi des produits d’étanchéité et le bon de livraison des fenêtres.
  2. Déposer les vantaux, les parties ouvrantes, pour alléger le dormant.
  3. Fixer les équerres sur le dormant : la première à 25 cm au plus du fond de feuillure et à 10 cm au plus de chaque organe de rotation, les suivantes espacées de 80 cm au maximum, sans que les vis traversent le dormant.
  4. Dérouler le joint mousse sur le dressage, sans interruption dans les angles.
  5. Poser au moins deux cales de 5 mm sur l’appui, près des montants.
  6. Tirer un cordon de mastic continu en partie basse, remonté d’au moins 10 cm dans les angles.
  7. Présenter le dormant, le maintenir, vérifier aplomb et niveau, puis visser les équerres dans le gros œuvre avec des chevilles adaptées au mur.
  8. Remettre les vantaux, régler, et finir le mastic extérieur.
Équerre métallique vissée entre le dormant d'une fenêtre et la maçonnerie, joint mousse visible

Ce qui coince d’habitude, c’est le maçon et le menuisier qui ne se parlent pas : le dressage n’est pas fait, et la fenêtre arrive sur un mur brut.

L’étanchéité, là où la pose se joue

Le joint mousse précomprimé, ou compribande, gonfle après pose et remplit le jeu entre le dormant et le mur. Il ne supporte pas les coupures mal faites : s’il faut raccorder deux longueurs, le raccord se place à au moins 100 mm du bas de l’ouverture, avec plus de 100 mm de recouvrement.

Le mastic ferme la partie basse, la plus exposée à l’eau. À l’extérieur, il ne doit pas être recouvert par le revêtement de façade.

La vidéo ci-dessous suit toute la méthode, du contrôle du support à la fiche d’autocontrôle finale, avec les mêmes tolérances.

Ce que ça coûte de l’oublier : une fenêtre à fort pouvoir isolant sur le catalogue, et un courant d’air au pied du dormant.

Le contrôle avant de refermer le doublage

Une fois le doublage posé, plus rien ne se reprend sans le démonter. Le contrôle se fait donc avant : aplomb des montants à 2 mm par mètre au plus sur chaque côté, écart entre les diagonales de 2 mm au plus, vantaux alignés, ouverture, fermeture et verrouillage faciles et sans frottement.

Avant de commander

Confirmer que les murs seront isolés par l’intérieur, sinon choisir une autre pose. Faire dresser le plan de pose par le maçon et le contrôler aux tolérances. Commander des fenêtres dimensionnées pour l’applique, avec la tapée qui correspond à l’épaisseur du doublage. Et vous faites poser ou vous posez vous-même ? Dans le second cas, gardez la fiche d’autocontrôle à côté de vous.

Sources

  • Union des métalliers, « Méthode de pose d’une fenêtre en applique », film de formation, 2013

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