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Toiture en lauze : deux pierres, deux techniques, et les règles avant d’y toucher

Toiture & façade·Temps de lecture : 3 min

Toiture en lauze : deux pierres, deux techniques, et les règles avant d'y toucher

En bref

Une toiture en lauze est couverte de pierres plates locales, de schiste ou de calcaire. Le schiste se cloue sur des planches avec un recouvrement des deux tiers ; le calcaire se pose à sec, chaque pierre calée sur l’autre. Avant de la remplacer par autre chose, une déclaration préalable s’impose, et près d’un monument historique l’architecte des Bâtiments de France a son mot à dire.

La toiture en lauze, réponse d’abord : deux pierres et deux techniques, ce qui l’use, la rareté de la pierre et de l’artisan, puis les règles et les aides avant d’y toucher.

Sommaire
  1. Schiste ou calcaire : deux techniques
  2. Ce qui use une lauze, et l’entretien
  3. La pierre et l’artisan se font rares
  4. Les règles avant de toucher au toit
  5. Les aides patrimoniales
  6. Avant de lancer les travaux

Schiste ou calcaire : deux techniques

« Lauze » désigne une couverture en pierres plates, extraites près du chantier, et non une pierre précise. En Lozère, le service territorial de l’architecture et du patrimoine distingue la lauze de schiste, des Cévennes, et la lauze calcaire, des Causses. Elles ne se posent pas de la même façon :

PointLauze de schisteLauze calcaire
FixationClouée sur des planches jointives, la douelle, autrefois chevilléePosée à sec, chaque pierre calée sur la précédente
RecouvrementSur les deux tiers, un tiers seulement visibleFort recouvrement, rangs décalés sur les joints
SupportCharpenteSouvent une voûte de pierre, parfois une charpente massive
FormatsDimensions décroissantes de l’égout au faîtage20 à 60 cm de côté, 3 à 6 cm d’épaisseur, selon les CAUE

Pour la lauze calcaire, la pente du toit dépend de la taille des pierres disponibles : plus elles sont petites, plus le toit est raide, jusqu’à 150 % sur les couvertures empilées sur voûte décrites par les CAUE d’Occitanie. Changer de pierre, c’est donc parfois changer de pente.

Ce qui use une lauze, et l’entretien

Une lauze vieillit selon la qualité de la pierre. Plus elle est poreuse, plus elle retient l’eau, et une pierre gélive éclate au gel. Le poids de la couverture, lui, joue en sa faveur : il résiste bien à l’arrachement par le vent. L’entretien tient en peu de gestes :

  • retirer les feuilles, mousses et lichens, qui gardent l’humidité et gênent l’écoulement de l’eau ;
  • remplacer une lauze fendue ou glissée avant que l’eau n’atteigne la douelle ou la voûte ;
  • surveiller l’égout et le faîtage, les points où l’eau se concentre.

On ne marche pas sur une couverture en lauze sans savoir où poser les pieds : une pierre déplacée ouvre la voie à l’eau. Le nettoyage d’un toit suit des règles proches de celles détaillées dans l’article sur le nettoyage d’une toiture sans abîmer la couverture.

La pierre et l’artisan se font rares

Les lauzes de récupération se réemploient, mais les anciennes deviennent difficiles à trouver, notent les CAUE. En Lozère, le service de l’architecture et du patrimoine relevait dès 2011 que leur usage massif et l’arrivée de matériaux de substitution avaient fragilisé la production locale.

En Corse, un reportage de France 3 de 2017 décrivait une seule carrière encore en activité, un gisement estimé à une dizaine d’années, et aucune filière de formation.

Ouvrir une carrière y demandait deux à trois ans d’études et d’autorisations. Votre toit est-il en schiste ou en calcaire, et la pierre d’origine est-elle encore extraite dans votre secteur ? La réponse fixe le délai du chantier plus sûrement que le devis.

Ce que ça coûte de l’oublier : une réparation faite avec une pierre d’une autre couleur ou d’une autre épaisseur, qui se voit pour des décennies.

Les règles avant de toucher au toit

Refaire une toiture à l’identique, même pierre et même aspect, ne change rien à l’extérieur de la maison. La remplacer par de l’ardoise, de la tuile ou un matériau d’imitation modifie l’aspect extérieur, et suppose une déclaration préalable en mairie.

Important

Aux abords d’un monument historique ou dans un site patrimonial remarquable, l’accord de l’architecte des Bâtiments de France s’ajoute à l’autorisation. Dans les secteurs de lauze, le plan local d’urbanisme peut imposer la couverture d’origine, et en Corse des arrêtés préfectoraux l’ont imposée dans plusieurs micro-régions dès les années 1970.

Vous comptez changer de matériau ? Alors le PLU et, le cas échéant, l’architecte des Bâtiments de France passent avant le couvreur.

Les aides patrimoniales

Le cahier du patrimoine de Lozère recense plusieurs sources d’aide pour la lauze : la DRAC, pour les monuments historiques et, pour les propriétaires privés, leurs abords ; le conseil départemental, pour le patrimoine rural non protégé ; et la Fondation du patrimoine, partenaire de la filière. Les dispositifs varient d’un département à l’autre.

Détail d'un toit en lauze de schiste aux pierres qui se recouvrent
Bon à savoir

Aucune fourchette de prix au mètre carré n’est reprise ici : celles qui circulent viennent d’artisans isolés, sans dire si elles comprennent la pierre neuve ou de récupération, la reprise de la charpente ou l’échafaudage. Seul un devis qui détaille ces postes permet de comparer.

Avant de lancer les travaux

Faites identifier la pierre et la technique d’origine, vérifiez la charpente ou la voûte qui la porte, et renseignez-vous sur la disponibilité de la pierre auprès du CAUE ou du service de l’architecture et du patrimoine du département.

Consultez le PLU avant tout changement de matériau. Les étapes d’une réfection complète suivent la même logique que pour la rénovation d’une toiture, avec un artisan lauzier en plus.

Sources

  • Service territorial de l’architecture et du patrimoine de la Lozère, « La lauze naturelle de Lozère », cahier du patrimoine n° 8, 28 juin 2011
  • CAUE de Midi-Pyrénées, fiche « Couverture en lauze calcaire empilée sur voûte »
  • Code de l’urbanisme, déclaration préalable et abords des monuments historiques

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